La Possession

L’action se déroule après la catastrophe. Une catastrophe invisible à l’œil nu. Une fin du monde qui ne dirait pas son nom, provoquée par la crise. Crise économique, crise politique, crise spirituelle… Dans ce décor, une femme se parle à elle-même. En proie à des hallucinations qui floutent le réel, elle ne sait plus qui elle est. Une femme dépossédée de sa vie qui voudrait renaître ailleurs, dans un autre corps.

Les quatre personnages qui se croisent dans La Possession n’ont plus de nom. Ils s’appellent première personne, deuxième personne, etc. Sans identité, comment se construire ? Il y a quelque chose de vertigineux à voir et entendre ces êtres se débattre face à un ennemi invisible, sans repère, sans les mots qui échappent à leur sens initial. Est-ce un rêve éveillé ? Un cauchemar ? On nage en plein fantastique, dans un paysage en décomposition. C’est un théâtre d’horreur, comme on dit cinéma d’horreur, avec ses fantômes et ses décors. L’écriture de François-Xavier Rouyer est nerveuse, pleine d’humour et d’une efficacité redoutable qui instille un climat de tension à chaque réplique.

Pour ce projet, Charles-Edouard de Surville a imaginé une création sonore qui emplit tout l’espace et la durée de la pièce et qui tient plus du décors sonore que de la bande son traditionnelle. En faisant sonner un piano jeté à même la scène, vibrer les éléments de décors et en jouant de 24 haut-parleurs des enregistrements réels, il s’attache à créer un espace « hyper-réaliste » et envoutant qui joue en permanence avec l’action, le jeu des acteurs et l’espace scénique.

Credits:

Pièce écrite par François-Xavier Rouyer, avec Pauline Belle, Romain Daroles, Mélina Martin, Julia Perazzini

Une co-production

Théâtre Vidy – Lausanne / Nanterre-Amandiers, centre dramatique national.